La fin du pétrole - Tristan Zilberman
     
La fin du pétrole
Ce travail photo + graphisme a été réalisé par Brest Brest Brest à partir de clichés de Tristan Zilberman :

10 ans de photo sur le massif du Coiron pour raconter la vie des gens, la ruralité, les traditions, les paysages, 10 ans de reportages et de rencontres, présentés à travers des expos, des albums, des diaporamas.

Le désir de partager ces images, conduit aujourd'hui Tristan Zilberman à en proposer une nouvelle lecture : ainsi, a-t-il sollicité un regard de graphiste : celui de Brest Brest Brest.

Confiant quant à leur créativité, il leur a laissé carte blanche pour intervenir à partir de ses clichés... Demeurant néanmoins curieux de savoir ce que tout ça allait leur inspirer !

Résultat : LA FIN DU PETROLE.

C'est un regard neuf, décalé qui n'est pas celui du photographe ayant parcouru le territoire en totale immersion. C'est une vision inédite : les images de la vie rurale ardéchoise évoquant un basculement de civilisation ! Non pas passéiste, mais d'avenir : quand il n'y aura plus de pétrole, il y aura peut-être encore la terre et des hommes pour la travailler, des animaux à élever.

Cette vision des lendemain sans pétrole est finalement assez rassurante! Berçons-nous en...

Car en réalité, qui sait de quoi demain sera fait ?

Va-t-on avancer vers un monde où l'énergie sera captée au grè des vents et des marées, vers une énergie libre et accessible à tous, rendant de ce fait, toute velléité guerrière inutile ? Ou va-t-on poursuivre dans la logique d'une exploitation outrancière, déraisonnée, au profit d'une minorité possédante, réduisant par la même le reste de l'humanité à la servitude ? À moins qu'un monde apocalyptique ne se profile : Fukushima étendant sa lèpre au planétaire, des humains contaminés en errance, même pas imaginé par la SF la plus glauque.

«Il y avait un jardin qu'on appelait la terre...», chantait Moustaki ! Cette phrase doit-elle sonner comme une épitaphe ?

* Brest Brest Brest est un atelier de création graphique basé sur Crest, piloté par Arnaud Jarsaillon, Rémy Poncet & François Gaillard

C’est la fin du pétrole !



C’est arrivé au tout début de l’automne, en Ardèche, sur le plateau du Coiron. Un grave accident de tracteur condamna le propriétaire d’une exploitation agricole à l’immobilité. A contrecœur, il dut faire appel à son fils qui terminait ses études d’ingénieur à Montélimar pour qu’il le remplace, du moins momentanément. Le travail à la campagne n’autorise aucun répit, et c’est évidemment par sens du devoir que X se mit à disposition de son père.

Par cette curieuse ironie qui nous fait parfois dire que l’on n’attendait pas le malheur, sinon qu’il arrive au bon moment, X fut soulagé de cette mise en veille forcée par le destin. Il était passionné par ses études mais aimait le travail à la ferme, peut-être parce qu’enfant déjà, on lui avait confié des tâches qui le mettait sur un pied d’égalité avec les plus grands et l’avait valorisé.

Le labeur ne manquait pas. Il faillait traire, évacuer le fumier, s’occuper des cochons, fourrager et parfois réparer une machine qui cassait. Les journées, harassantes, semblaient interminables et après les travaux de la ferme, X s’occupait encore de son père, lui faisait sa toilette, l’aidait à se mettre au lit, pour finalement l’écouter dispenser ses instructions pour les travaux du lendemain. Mais voilà que vers la mi-octobre, pour une stupide inattention, X bascula dans la fosse à purin…

-Je suis dans la merde jusqu’au cou…

…fût curieusement la première pensée qui lui vint à l’esprit, comme s’il lui fallait d’abord nommer l’inconcevable de sa situation pour ne pousser qu’ensuite un hurlement désespéré.

Son père, toujours incapable de se mouvoir, était par chance à quelques mètres de la fosse, calé dans sa chaise. Personne d’autre ne se trouvait à la ferme à ce moment-là. Le patriarche parla longuement à son fils, pour l’apaiser d’abord, sachant bien que quelqu’un viendrait tôt ou tard. Avec son humour revêche, il lui rappela que leurs deux situations se valaient, même si la merde dans laquelle était l’un, n’était pas comparable à celle dans laquelle est l’infirme quand il se fait laver et torcher parce qu’il est dépendant. Puis la conversation prit un ton plus sérieux. Le père, tout à coup péremptoire, proclama que le progrès n’avait rien amené à l’agriculture sinon une dépendance inacceptable envers l’industrie agrochimique. Il se mit à débattre avec son fils comme s’ils étaient à l’auberge, devant une bouteille de blanc. Et patati et patata, tout y passa : l’augmentation du gasoil, le cartel des distributeurs, le diktat des écologistes, etc…

Comme si ce bain de merde lui avait révélé l’inaltérable supériorité du réel sur la science des idées, fût-elle dispensées par les esprits les plus brillants, X se jura, s’il s’en sortait, car il commençait à désespérer, qu’il cesserait de conjecturer, de théoriser et qu’il abandonnerait ses études pour se consacrer entièrement aux choses concrètes, tangibles, utiles. Dans la foulée de cette illumination (si on peut l’appeler ainsi), le courrier arriva, suivi du postier. En moins de deux X se trouva dans la cour de la ferme et alla chancelant vers son père pour l’enlacer tendrement…

Mais voilà que dès le lendemain, il s’enferma dans le grand hangar avec une obstination qui inquiéta le paternel. Parfois, entre le sifflement de la meule et le chuintement du fer à souder on pouvait entendre le rire de X, un rire triomphant bien loin de celui des fous qui ne rient que parce que les mots les ont désertés.

Ça dura une semaine et par un dimanche matin lumineux, X installa son père, la chaise accotée au mur de la ferme, face au grand hangar. Il manœuvra les lourdes portes de tôles et grimpa sur le tracteur accidenté, méconnaissable, entièrement repeint et surmonté d’une cuve en inox qui sert habituellement à faire fermenter le raisin.

Le tracteur s’extraya du hangar avec une souplesse de félin et manœuvra devant le père ébahi. Le bruit du moteur était inhabituel, feutré, et le pot d’échappement, dressé verticalement, avait disparu.

X arrêta la machine devant son père, se mit debout sur les marchepieds et comme un boxeur après un combat harassant, leva les bras au ciel…

Papa, papa ! La merde est l’avenir de l’homme !

C’est la fin du pétrole !

Francis Traunig



La fin du pétrole, la fin des haricots ...



La fin du pétrole
La fin des haricots
Les graines desséchées s'effilochent dans le sol.
Jointe aux terres enfouies
aux morceaux noirs de poussière oubliée,
la vie ne sera plus.
Epuisée de ses apparitions en lumière
vite abusées, piétinées, méprisées,
elle gît,
seule, abandonnée.
Les larves la soulèvent
les coléoptères la réchauffent.

La fin du pétrole,
La fin des haricots
Emile ramasse les graines
dépose en rond dans une caisse
crache et frotte
les observe à la bougie
les oublie, les reprend
les oublie, les reprend
en mâche une lentement
elle a le goût des forêts de mousse.
Un matin, la caisse est vide
entre les pattes des fourmis
s'en sont allées
se sont séparées
et gisent ou vivent
selon
selon
selon
...
La fin du pétrole

C'est la fin des haricots
Les graines desséchées, s'effilochent dans le sol.
Accrochée aux terres enfouies
Aux morceaux noirs de poussière oubliée,
La vie ne sera plus.
Epuisée, d'atteindre la lumière pour être
sans cesse abusée, piétinée, méprisée,
elle git
seule, abandonnée.
Les larves la transpercent
les coléoptères la réchauffent.

La fin du pétrole,
C'est la fin des haricots !
Emile ramasse les graines
les pose dans une caisse
crache dessus pour les ripoliner
Les observe à la bougie
les oublie, les reprend
les oublie, les reprend
en mâche une lentement
elle a le goût des forêts de mousse
Un matin, plus de graines dans la caisse
elles s'en sont allées
portées par les fourmis
se sont séparées
et gisent ou vivent.
selon
selon
selon,
...

Julie Sauter



La fin du pétrole

L'important c'était juste d'oublier la peur. La peur n'était qu'une émotion comme les autres.
La vague de pétrole reflétait la fin du soleil dans le ciel déjà sombre.
Les poissons luttant contre la mort me voyaient passer comme l'éclair juste au-dessus d'eux. Parfois le tranchant de ma planche arrachait une nageoire ou coupait une tête aux yeux ronds.
D'après le panneau électronique clignotant sur la plage, je devais surfer à plus de 28 noeuds.

/ / / / /

"Jojo, mets ta laine ! Ne prends pas froid bon dieu ! Tu vas nous gâcher les vacances!"
Le froid lui calcinait la poitrine, il le savait bien qu'il allait tomber malade. Et que les enfants le maudiraient à haute voix sur l'autoroute du retour.
Mais pour Johnny, impossible de détacher les yeux du brasier de pétrole jaillissant qui leur servait maintenant de soleil.
Comme chaque été, ce brasier était son bonheur, ça lui rappelait le vrai soleil et lui faisait oublier toutes les peines de l'année.

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Pour l'instant tout allait bien. Il me restait une quinzaine d'étages avant le choc avec le béton du trottoir.
Grâce au pétrole Coq dont je m'enduisais le crâne chaque matin, obéissant à la publicité, ma perruque me suivait d'assez loin.
Mathieu tombait à la même vitesse que moi, légèrement sur ma gauche, mais je restais en avance sur lui.
Presque certain de gagner.

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L'odeur rose persistante s'insinua dans ses narines. Il n'avait plus guère que quelques centaines de mètres à pédaler avant d'apercevoir entre les arbres le toit plastifié de la cabane où il avait passé tant de jours heureux.
Déjà la sérénité revenait en lui.
Légèrement sur la gauche il apercevait le reflet du couchant sur l'étang pétrolifère qui bordait la véranda. Dans quelques instants il détacherait la petite barque à fond plat, un verre de pastis bleu dans sa main.
Et il ferait très attention de ne provoquer aucune étincelle avec les ferrures de la rame.
Il valait mieux éviter que l'étang ne s'embrase.

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Cindy m'avait mis à nu. J'étais étendu, immobile comme un St Genet dans une Notre Dame des Tulipes.
Pour l'instant je me contentais de bander.
Comme chaque jour, Cindy se mit à m'enduire le corps de ses mains noires bleutées de chauffagiste.
Et comme chaque jour bien sûr, l'odeur du pétrole me déclencha une érection qui m'électrisa jusqu'à la racine des cheveux.
J'étais vraiment très amoureux de Cindy. Mais qu'arriverait-il demain si le pétrole venait à manquer ?

Max Jacot



La faim du pétrole


La mer est amère, elle n’est plus si gentille, elle empoisonne les poissons pas polissons, ils ont le ventre tout rond, engraissés de nos rebus de consommation, et que fait le mérou, bignole assidue des océans profonds, il surveille d’un œil tout rond le caddy de super marché déposé sur le plancher océanique, confondu et comme déraisonné.
La mer est ta mère, agglutinant les détritus de l’intense chimie du plastique, entre toutes les eaux venues par flots dérivants, de toutes les parts des continents encore habitables, les macro déchets, micro et nano particules s’agglomèrent en continent géant, poison des mers infertiles, poubelles ultimes des Puissances mondialisantes.
Dans de lointaines contrées marines, des îles inhabitées de l’homme, battues par les flots chargés, servent de dernier séjour aux corps morts des albatros gourmands, l’estomac alourdi et déchiré par les résidus d’emballage de la production alimentaire, qu’allaient ils donc flotter si loin de toute galère habitée, la finit le pétrole transformé.
Et malheur aux peuples vivant au dessus de gisements prometteurs, car pour ceux du Mali à l’Abyssinie, recrutés de la Lybie à l’Afghanistan, véhiculés par les mercenaires maffieux et prétendus rebelles de Syrie en Iran, lourdement armées par les Puissances, en attente de démocratie, progrès et confort, cela devient la fin des haricots.
Si seulement la cape préservative de nos consciences gravement médicamentées laissait passer quelque peu de compassion pour le devenir de l’humain que nous sommes, mais ce sera pour les demains de nos destins dirigés, de Médiator en pétrochimie du dollar, de dette en crise de la valeur, tout doit disparaître, les Puissances règnent.
La faim que le monde assisté par ordinateur (M.A.O.) peut avoir pour tous les produits toxiques, issus du transfert des recherches publiques les plus pointues vers les applications industrielles les plus inutiles, nous gave d’habitudes addictives et nous cerne d’absence de culture, de mœurs et de civilisation vivable, la planète est à terre.
Oui la planète est ta terre et tu n’en auras pas d’autre, ne fait pas l’enfant, tu étais prévenu, au milieu des peuples déplacés et populations civiles dictaturées, errant de camps de réfugiés administrés par des ONG complaisantes en villes bombardées par les Puissances, trouve ton chemin, que cette faim boulimique ne soit pas un jour notre fin.

Christian Hivert, Le libones, 6 Octobre 2012



1 http://www.parolesmania.com/paroles_boby_lapointe_64573/paroles_la_maman_des_poissons_1105044.html
2 http://www.notre-planete.info/actualites/actu_1471_continent_dechets_pacifique_nord.php
3 http://vimeo.com/midway/midwayfilm
4 http://blogs.mediapart.fr/blog/ausmidt/090412/mali-les-raisons-francaises-de-la-destabilisation-du-mali
5 http://www.mouvementautonome.com/article-une-autre-civilisation-109936337.html
6 http://cybergeo.revues.org/2389?lang=en
7 http://www.blogarts.net/post/2007/08/24/284-africa-sebastiao-salgado


Rouge pétrole


Y a t-il un lien entre l’impérialisme occidental, la liberté d'expression dans les médias, le 11 septembre et le lobbying industriel?
Ce lien existe, mais il est rare d'en entendre parler au journal télévisé. À la place on préfèrera vous parler de la baisse du pouvoir d'achat, de la neige qui tombe en hiver, de la sécheresse en été, des petites piques entre politiciens, du Buzz du moment, ou du match OM-PSG...

Ce lien est le pétrole.

Les conflits de civilisations, les guerres au Moyen-Orient, le chômage, la faillite de Ford… Toutes ces questions prennent une autre dimension lorsqu'on les met à la lumière des intérêts pétroliers sous-jacents. Quand je dis «pétrole», je devrais aussi parler des énergies fossiles dans leur ensemble.
Toutes les guerres du XXème siècle jusqu'à aujourd'hui ont le contrôle des énergies fossiles en ligne de mire. Pour s’en persuader il suffit de lire « Pétrole : la fête est finie » de Richard Heinberg (1), ou de jeter un œil sur les documentaires « Gaz et pétrole : guerres secrètes » (2) et / ou « Pétrole et écrans de fumée » (3).

Le système capitaliste est dépendant du pétrole, une quantité incroyable de nos objets du quotidien utilisent le liquide noir dans leur conception : sans lui pas de déplacements en véhicule, pas de livraisons de marchandises dans les grands Hypermarchés.
Dans les prochaines années le monde va devoir adopter un tout autre mode de vie, abandonner la production de masse qui est source de gaspillage, et opter pour de nouvelles énergies renouvelables.
Pour sa survie l'homme devra réapprendre à trouver ses besoins primordiaux dans son environnement proche, retourner à l'essentiel des choses et privilégier la qualité de vie à la quantité.
Ce tournant dans l'histoire de l'humanité aura nécessairement des répercussions énormes sur l'économie de marché qui s'effondrera, car qui ne consomme pas ne fait pas fonctionner le système.
Nous allons devoir abandonner nos vieilles habitudes acquises depuis la révolution industrielle du XVIIIe siècle, qui sont à l'origine des catastrophes écologiques. À peine deux siècles ont suffit pour épuiser les réserves qu'une planète a mis des milliers d'années à produire. D'une certaine façon nous avons tous une part de responsabilité dans l'explication du chaos actuel.

Aujourd'hui l'or noir se raréfie à cause de l'exploitation intensive de ce dernier siècle et nous approchons du pic qui laissera beaucoup de personnes sur le bord de la route.
Cette dernière expression imagée peut renvoyer aux pannes d'essence de nos véhicules, cependant ce ne sera qu'une des conséquences les moins graves de ce manque.
Les gouvernements sont au courant de cela, la demande se fait de plus en plus forte avec l'émergence de nouveaux pays industrialisés, comme la Chine, l'Inde ou le Brésil et les réserves s'assèchent inéluctablement en même temps que notre écosystème se dégrade.
La crise écologique est déjà là, on en voit les effets sur notre écosystème et il est impossible de la nier. La crise énergétique causée par le manque de ressources fossiles existe tout autant, mais est encore médiatiquement dissimulée. Elle est même une des raisons de la crise économique actuelle.

Pourquoi cette dissimulation?

Avouer au peuple que le pétrole manque et qu'il devra renoncer à son mode de vie est une décision qui traduirait inéluctablement l'impuissance du gouvernement. Cependant il sera difficile pour les États-Unis de justifier de nouvelles guerres contre l'Iran (pour leur réserve de pétrole) ou la Russie (pour le gaz) sous de faux prétextes aussi mensongers que la destitution d'un dictateur (Saddam Hussein pour l'Irak, mis en place par les États-Unis pour rappel) ou les représailles d'attentats terroristes.

Je n’approfondirai pas la question des zones d’ombres des attentats du 11 septembre 2001, des livres comme « La face cachées du 11 septembre » du journaliste Éric Laurent (4) ou le site de l’association Reopen911 (5) sont de formidables sources d’informations accessibles pour toute personne voulant se sortir de la propagande médiatique d’une pensée unique au service des seuls intérêts de Wall-Street.

Pour les éventuelles vierges effarouchées (de moins en moins nombreuses) qui crient au danger de la théorie de la conspiration, il faut se mettre dans la tête que la version officielle en est une (de théorie de la conspiration contre les États-Unis). Affirmer qu’Al CIA Qaïda, le Mossad ou/ et l’administration Bush sont derrière tout ça, seule la réouverture d’une enquête indépendante pourrait tirer ça au clair. En attendant, libre à chacun de nier qu’il y a bien eu trois tours qui se sont écroulées ce jour là, ou que trois études scientifiques conduites depuis 2003 ont conclu à des délits d’initiés et des malversations financières en lien avec le 11 septembre. Et que dire des membres de la commission d’enquête qui ont affirmé au Washington Post que la version officielle du 11/9 était basée sur de faux témoignages et de faux documents ? (6 / 7)

Revenons à nos moutons.

Comment l’OTAN sous commandement US, pourra justifier de nouvelles guerres maintenant que l’épouvantail Ben Laden n’est plus ? « N’est plus » depuis mai 2011 ou décembre 2001 comme le prétendent des sources alternatives, là n’est pas la question(8).

Depuis l’assassinat de Khadafi et les événements syriens, on peut voir le retour à une stratégie plus traditionnelle, façon « Chicago Boys » de Milton Friedman : faire de l’ingérence en finançant l’opposition d’un gouvernement rebelle, voir en organisant un coup d’État, comme ce fut le cas en Amérique latine avec la mise en place de Pinochet au Chili et la tentative de renversement d’Hugo Chavez au Vénézuela. Pour aller plus loin, je conseille vivement le livre (ou le documentaire qui en est tiré) « La stratégie du choc » de Naomi Klein (9) et / ou celui de John Perkins : « Confession d’un assassin économique » (10).

Financer, former et armer des mercenaires pour protéger ses intérêts, voici ce qui se cache derrière « l’élan démocratique » qui pousse l’occident à libérer les peuples. Ainsi chez nous, Internet a le droit pousser le monde arabe à se soulever si les multinationales et Bernard Henri Levy y trouvent leur intérêt : pétrole lybien? position stratégique syrienne? Mettre un terme à l’iranophilie de Bachar El-Assad ? Bien entendu il est nécessaire d’éviter de donner de mauvaises idées révolutionnaires à l'Europe où les « indignés » et les altermondialistes sont niés, minimisés, tabassés dans les manifestations, voir assimilés à des terroristes (cf. Affaire de Tarnac, l’aéroport de Notre-Dame-des Landes, etc…). Laissez place au MES (Mécanisme Européen de Stabilité Monétaire)(11) , au TSCG (Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance) (12) et autres gadgets anti-démocratiques dans le but de faire rembourser au peuple une dette illégitime… (13)

Face au pic pétrolier, deux voies

Nous y sommes, l'heure de vérité approche et deux choix s'offrent à l'homme :
La 1ère solution voudrait que les gouvernements dits «démocratiques» mettent un terme à leur hypocrisie et tombent leur masque en vue de voler les dernières énergies fossiles restantes. Cette perspective n'est valable qu'à court terme, car le problème réapparaitrait en pire : l'augmentation de la population terrestre et l'appauvrissement de la planète et l'amplification des catastrophes écologiques rendront de plus en plus difficiles les conditions de vie de l'humanité. Cela équivaudrait à scier la branche sur laquelle on est assis.

L'autre alternative nécessiterait un changement radical de mode de vie, une production rationalisée et sans gaspillage de notre alimentation passant par une entre-aide et une solidarité accrue entre les peuples. Dans cette optique, le retour à une agriculture traditionnelle est primordiale et à cela devrait se greffer l'exploitation d'énergies alternatives dont certaines sont déjà existantes (la thermodynamie, la fusion froide ou l’énergie solaire par exemple) mais boycottées aujourd'hui par les lobbys industriels trop désireux de conserver leur gagne-pain jusqu’à la dernière goutte.
Le XXIe siècle va nous secouer et il faudra lutter pour faire accoucher cette alternative jugée utopique par les cyniques. Espérons que le matérialisme de notre époque n’aura pas fait disparaître la Foi qui sommeille en chacun, tout comme le pétrole sous nos pieds.


Guillaume GOUMAT

Sources :

Richard Heinberg , 2006, The Oil Depletion Protocol : A Plan to Avert Oil Wars, Terrorism and Economic Collapse - Éditeur : New Society Publishers
Patrick Charles Messance (Special Investigation), 2012 - Gaz et pétrole : guerres secrètes
Ronald Doyle, 2008 -, Oil, smoke and mirrors (Pétrole et écrans de fumée )
Éric Laurent, 2005 - La face cachées du 11 septembre - Disponible en édition Pocket
Site Internet de l’association Reopen911 - http://www.reopen911.info/
Dan Eggen, 02/08/2006, 9/11 Panel Suspected Deception by Pentagon : http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2006/08/01/AR2006080101300.html
John Farmer (avocat-conseil de la Commission du 11/9), 2009 - Ground Truth untold America attack - Éditeur : Riverhead Hardcover
Fox News Report : Bin Laden Already Dead (26/12/2001)- http://www.foxnews.com/story/0,2933,41576,00.html
Naomi Klein , 2008 - The Shock Doctrine: The Rise of Disaster Capitalism (La Stratégie du choc)- Éditeur : Picador
John Perkins, 2005 - Confessions of an economic hitman (Confessions d’un assassin financier : Révélations sur la manipulation des économies du monde par les États-Unis) - Éditeur : Éditions Ariane
MES, le nouveau dictateur européen : www.youtube.com/watch?v=rFTbIGahzhU http://lesmoutonsenrages.fr/2012/01/10/mes-le-nouveau-dictateur-europeen/
Le TSCG ou Pacte budgétaire européen expliqué en quelques minutes : www.youtube.com/watch?v=h39KHtMRDGg
Pour comprendre l’arnaque de la loi Pompidou-Rotschild du 13 janvier 1973 et l’article 123 du Traité de Lisbonne : http://www.dailymotion.com/video/xqdhsi_comprendre-la-dette-publique-en-quelques-minutes_news#.UN8QKXc2hOY

Le documentaire de Paul Grignon , 2008 - Money as debt (L’argent dette) : http://www.dailymotion.com/video/x75e0k_l-argent-dette-de-paul-grignon-fr-i_news

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