Baltika - Tristan Zilberman
     
Baltika
Explorer les rivages de la Baltique, j’y songeais depuis ce bref séjour effectué à Saint-Petersbourg en 2001. Je garde encore en mémoire cette étendue blanche et glacée sur laquelle s’aventuraient les pêcheurs. Après avoir confectionné un trou dans la carapace de glace, ils attendaient des heures durant, bien emmitouflés, assis sur de petits sièges pliants, que le poisson vienne mordre à l’appât.

Je voulais découvrir cette mer qui côtoie des cultures et des civilisations si différentes, mais qui néanmoins, les relie. L’est et l’ouest aujourd’hui, tendent à se rejoindre même si les traces de l’histoire ne s’effacent pas du jour au lendemain.

A l’ouest, de Hambourg à Stockholm en passant par Copenhague, s’affichent une évidente prospérité, un mode de vie, où l’homme a résolument pris le parti d’un développement, tant que faire se peut, durable (vive le bio et le vélo). On y cultive un certain art de vivre. On allie un patrimoine historique valorisé à une modernité architecturale « hight tech ».

Sur la baltique, c’est un trafic permanent de ferries, transport en commun par excellence, qui permet de relier les différents points de ces territoires aux côtes sinueuses et aux multiples îlots. Il y a aussi de nombreux ponts. Au large, des chapelets d’éoliennes viennent rappeler le parti pris énergétique du siècle.

La route de l’est me conduit vers la Finlande. Au départ de Stockholm, j’embarque sur un drôle de ferry. A bord, un public inattendu : des clubs de troisième âge venus là pour le simple plaisir de la croisière, pour profiter durant deux jours des prestations et des réjouissances proposées sur le ferry. Restaurants offrant nourriture abondante et bon marché, bars et salons, machines à sous, discothèque et thés dansants…Quand je parlais d’art de vivre !

Le ferry va cheminer à travers l’archipel de Aland, cet ensemble d’îles et d’îlots au statut de province autonome rattaché à la Finlande. Il glisse au ralenti dans des eaux calmes et grises de la mer baltique et l’on peut admirer au passage des paysage étranges, oniriques : des terres surgissant de la brume, des rivages arborés ou des rochers nus parfois baignés de soleil, parfois éclairés d’une pâle lumière filtrant des nuages. Des vols d’oiseaux accompagnent l’embarcation.

Traverser le sud de la Finlande pour gagner les pays baltes sera l’étape suivante.
De ce pays, je retiens sa ruralité : un mode de vie simple, proche de la nature, des immenses forêts et des bûcherons qui rappellent ceux du Canada.
Les villes et notamment Helsinki, diffèrent de celles que j’ai pu traverser au Danemark ou en Suède…la marque de son occupation russe durant plus d’un siècle sans doute. On en perçoit les traces au niveau de l’architecture et peut-être au-delà, dans l’ambiance de la ville.
Le port déborde d’activité et c’est la dimension populaire du lieu qui frappe. Un marché animé, des baraques où l’on peut boire du café et déguster toutes sortes de plats à base de poisson, des étals de denrées en tout genre, et sans discontinuer, des bateaux à quai qui chargent et déchargent passagers et marchandises.

Nouveau ferry, nouvelle traversée et voilà la nouvelle Europe. Cette Europe qui s’est affranchie d’une tutelle russo-soviétique et qui aujourd’hui veut mettre les bouchées doubles pour devenir occidentale.

Mais il faudra du temps. A l’exception de quelques îlots de prospérité qui semblent dédiés au tourisme, où l’on met en exergue des chef d’œuvres que l’histoire et les révolutions ont bien voulu épargner, à l’exception de certaines villes, certains quartiers où s’épanouit une nouvelle jet-set, où l’on affiche une modernité tapageuse, la plupart des contrées n’ont pas encore vu le changement attendu et la vie du peuple y est toujours aussi rude.
Pour un voyageur de l’ouest, cette rudesse se ressent dans les rapports humains. Est-ce de la méfiance, du mépris, de la frustration… une simple méconnaissance, une incompréhension qui s’effacera dès lors que s’approfondiront les contacts ? Difficile à dire. Toujours est-il que j’ai rarement ressenti dans mes voyages un tel niveau de froideur et d’indifférence de la part des gens du pays.

Après une petite expédition au départ de Klaipeda, sur l’isthme de Courlande, cette langue de terre qui commence en Lituanie et se poursuit dans l’enclave russe de Kaliningrad où je ne pourrai accéder faute de visa, j’embarque sur un cargo qui me ramène en Allemagne.

Michèle Soullier




VENTE DE DIGIGRAPHIES


Date : Septembre 2008
Lieu : Allemagne, Danemark, Suéde, Finlande, Estonie, Lettonie, Lituanie
Materiel :
Boitier Contax N1, AX et G2
Objectifs Zeiss G 21, 35, 45 et 90mm. Zeiss N 17-35mm, 24-85mm et 70-200mm. Contax zeiss 45mm.
Films Kodak Tri-X et Fuji Acros.

Top