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Janvier 2003 et l'envie de rompre avec la douce monotonie d'un hiver en Ardèche…
Alors…pourquoi pas l'Islande ? Quoi de plus radical que quelques jours autour du 65ème parallèle, pour se propulser dans un univers totalement neuf et ingurgiter une grande bouffée d'air polaire.
Trois jours comme un " raod movie "…
Débarquement à Reykjavik par un après-midi pluvieux, et la petite capitale, coquette capitale, déjà baignée d'obscurité céleste, a éclairé ses réverbères.
Un petit hôtel près du centre ville sera le point de chute, le point de départ des diverses expéditions, et le soir, le pied à terre. Pour ne rien perdre de la précieuse lumière du jour, qui en cette saison, ne s'offre qu'avec parcimonie, il faut prendre la route au plus tôt et rouler. Rouler sur un revêtement pris par la glace, rouler sur l'asphalte gelé. Arriver enfin au but avec les premiers rayons de soleil, et devenir le témoin de spectacles grandioses.
L'île est érodée. Plaines et plateaux se succèdent. Les routes sont rectilignes. Les routes sont des lignes, et pour le pilote d'une voiture, elles sont comme des flèches pointées vers l'horizon qui semblent vous indiquer la direction à prendre…toujours tout droit…toujours plus loin…Et la voiture avance, et les paysages défilent, comme dans un " raod movie ".
Côte sud, une large plaine entrecoupée de fjord s'interpose entre l'océan et les glaciers. Parfois, une langue de lave s'est étalée jusqu'à la mer et la vague vient lécher la falaise d'où jaillit le flux tumultueux d'une cascade. Des pâturages, des troupeaux et çà et là quelques fermes, des villages aux maisonnettes colorées vivant au rythme de la pêche au chalut…Au cœur de l'île, l'activité des geysers est des plus dense, des plus spectaculaire…des nuées, mi eau, mi vapeur, surgissent du sol…un sol chaud dont même la rigueur de l'hiver polaire n'arrive pas à calmer les ardeurs.
Sur cette roche crachée du volcan, fissurée, craquelée, telle une croûte trop cuite, la neige et le gel, ne font pas " long feu ". Ca et là, se sont formés avec l'érosion, tels des marmites du diable, des bassins dans lesquels bouillonnent des eaux sulfureuses et azurées.
On m'avait dit que la côte ouest était extrêmement pittoresque, que la route longeait un rivage des plus tourmenté, où villages de pêcheurs, petites criques, rochers battus par les vents et les vagues se côtoyaient…Je n'ai pas pu le vérifier.
Ce matin là, malgré un froid mordant, tout s'annonçait sous les meilleurs auspices. Un paysage du grand nord, comme vous en servent les agences de voyage. Le littoral était baigné d'une lumière bleutée, alors qu'une ligne de feu commençait à poindre sur l'horizon, annonçant l'arrivée du jour. L'odeur de la marée et du poisson envahissait le port…
Après un café chaud réparateur…la route nous montrait le chemin !
Pourtant, il suffit de quelques kilomètres pour que soudain, tout se brouille, que la route s'estompe et se mette à trembler au gré des passages d'une fine neige, que les prémices de la tempête fait virevolter… de plus en plus vite, formant une nuée de plus en plus dense, jusqu'à masquer totalement le ruban de bitume…
Enfouie, la ligne droite...Ligne de fuite, en fuite qui laisse son pèlerin désorienté, déboussolé.
Trois heures de conduite dans la folie blanche de la tempête Islandaise. Pour du dépaysement, pas de doute…le but était atteint !
Michèle Soullier
VENTE DE DIGIGRAPHIES
Date : Janvier 2003
Lieu : Island
Materiel :
Boitier Nikon F4s
Objectifs Sigma 24-70MM 1:2.8, Nikon 20mm et 80-200mm 1:2.8
Films Fuji Superia 100 et 400

